Parlez de moi en bien, parlez de moi en mal, mais parlez de moi : le nouveau slogan de la FSF ?

Frederic Bezies
, 28/01/2020 | Source : sam7'Framanews

Ah, la Free Software Foundation… Maître étalon auto-proclamé pour définir la liberté logicielle, c’est aussi l’antre de projets douteux pour ne pas dire foireux : GNU Sheperd (un énième système d’initilisation) ou encore le célébrissime GNU/Hurd, le noyau 100% libre. Sans oublier des projets comme GNU Gnash, implémentation libre d’Adobe Flash.

Bref, c’est méchant de tirer sur une fondation qui a apporté de bons trucs aussi comme GCC ou encore Grub. Liste non exaustive, bien entendue.

Mais je dois dire que le dernier délire en date de la Free Software Foundation, intitulé « Upcycle Windows 7 » n’est pas piquée des hannetons.

Pour résumer : la FSF demande à Microsoft d’ouvrir le code source de MS-Windows 7 pour que celui-ci puisse continuer à vivre, dans le but de limiter la casse et de ne pas laisser les utilisateurs de cette version dans la mouise.

J’ai exprimé rapidement mon point de vue dans cette vidéo :

Je vais donc rajouter cette simple question. Est-il imaginable que Microsoft ouvre le code de cette version de MS-Windows sachant qu’il contient entre autres choses :

  1. Une vieille version du noyau NT
  2. Une vieille version de DirectX
  3. Le code source du moteur de rendu Trident jusqu’à Internet Explorer 11, son ultime version.

Et encore je n’ai fait que penser aux technologies qui me sont venus à l’esprit immédiatemment. Il doit y avoir un sacré morceau du code source qui doit dépendre des brevets logiciels, qui bien qu’inexistant en Europe, font la loi aux États-Unis.

J’en viens à conclure que la Free Software Foundation a voulu faire du bruit médiatique, mais celui-ci va se retourner contre elle et faire passer le monde du logiciel libre pour une bande de clowns qui ferait mieux de partir à la maison de retraite.

Cybercriminalité : les coûts des dégâts sous-estimés

Philippe Laurier, Responsable du séminaire intelligence économique, École polytechnique
, 28/01/2020 | Source : sam7'Framanews

Phénomène désormais ancré sur le marché mondial, la cybercriminalité sous toutes ces formes s'industrialise véritablement. Preechar Bowonkitwanchai / Shutterstock

L’évaluation de l’ampleur de l’économie du piratage, qui s’est largement industrialisée ces dernières années, se structure aujourd’hui autour de trois grandeurs principales, à savoir :

  • Le coût pour les victimes, qui correspond à un préjudice ou encore une destruction de valeur, une sorte de destruction intérieure brute (DIB, ou PIB négatif).

  • Le revenu brut, c’est-à-dire les rentrées d’argent pour les pirates, autrement dit leur chiffre d’affaires.

  • Le revenu net, en d’autres termes le bénéfice qu’ils en retirent, frais déduits.

Une quatrième grandeur s’ajoute, qui concerne le revenu net par tête – par pirate –, et qui oblige à tenir compte de leur organisation et des clés de répartition des bénéfices entre membres. Tenir compte donc du nombre de membres, exercice qui conduit à dépasser les descriptions fantasmées du petit génie de l’informatique solitaire – pour les cryptovirus – ou de l’escroc au beau parler – pour les fraudes au président (qui consistent à se faire passer pour le dirigeant d’une entreprise afin d’obtenir un paiement indu).

80 à 100 millions d’euros volés par an

Une confusion usuelle entre ces indicateurs empêche de comprendre le coût réel de ces piratages et escroqueries. Prenons l’exemple des fraudes au président pour lesquelles l’Office central de la répression de la grande délinquance financière donnait une estimation de 485 millions sur cinq ans, soit une fourchette plancher de 80 à 100 millions volés annuellement aux entreprises françaises.

Ces minimas, sur un sujet où l’omerta reste forte, laissent entrevoir un montant réel entre 100 et 200 millions, que l’on espère en baisse désormais par l’effet pédagogique des cas advenus.

Les montants dérobés par la technique de la fraude au président se chiffreraient entre 100 et 200 millions d’euros. David Evison/Shutterstock

Or ces montants seraient à tort interprétés comme étant le coût total pour les victimes, quant à lui différent ; ainsi pour cette société française ayant déposé son bilan après avoir subi une ponction sur ses comptes de 1,3 million d’euros, mais qui laisse un coût bien supérieur pour l’actionnaire, pour les employés mis au chômage et pour les collectivités locales.

Les 100 à 200 millions volés sur des comptes bancaires correspondent en fait au revenu brut des pirates, somme bientôt amputée lors d’une succession de transferts bancaires parcourant la planète. Ces étapes de noircissement puis blanchiment d’argent ne sont en effet pas gratuites. Les prestataires qui manient l’argent sale captent une part du gâteau, et l’achat des protections politiques ou mafieuses dans des pays où la spécialisation criminelle informatique tend vers son industrialisation reste également à prendre en compte.

Des rançons aux effets sur l’économie réelle

Cette cascade de chiffres allant du préjudice pour le piraté au bénéfice dépensable par le pirate, est de surcroît l’objet d’erreurs méthodologiques : au niveau des victimes, outre l’habituelle confusion entre perte de chiffre d’affaires et coût effectif de l’attaque, une erreur fréquente tient dans le fait d’additionner des coûts individuels pour croire obtenir des coûts collectifs.

De manière prudente, l’évaluation chez les entreprises françaises des dégâts dus au chiffrement de données par des cryptovirus, parvient à un plancher annuel d’environ 2 milliards d’euros, dont une moitié provient des petites entreprises.

Toutefois ce chiffre compilateur de dégâts individuels ne prétend pas exprimer celui que subit la collectivité, car telle usine fermée deux semaines suite à attaque (y causant une perte) fera parfois le bonheur de son concurrent (lui procurant un gain), telle dépense de restauration du système d’information sera facturée par un prestataire informatique quant à lui bénéficiaire de l’évènement.

Se dévoile ainsi le paradoxe de ces piratages, qui à la fois attestent de l’imperfection de notre environnement numérique, mais procurent des revenus aux acteurs de cet environnement : le monde des informaticiens ne souffre pas directement des failles dont il est l’auteur. Il serait d’ailleurs intéressant de calculer si le revenu légal tiré de la correction de ces dysfonctionnements est ou non inférieur au revenu illégal des pirates utilisateurs de ces failles.

La restauration du système après une attaque a aussi un coût. Rawpixel/Shutterstock

Des recettes faramineuses

Au niveau des revenus bruts issus des cryptovirus, une estimation faite pour les petites entreprises de moins de 50 personnes aboutit à une trentaine de millions d’euros versés sous forme de rançons, par an et sur la France, souvent par la collecte de petites sommes, typiquement de l’ordre de 3 000 euros.

La mesure des versements effectués par les grandes entreprises est plus ardue. L’estimation se heurte à un mur de silence du fait notamment d’enjeux de réputation. Avec les réserves inhérentes à ces rétentions d’information, il est envisageable que le total des rançons approche la centaine de millions. S’y ajoutent les saisies effectuées par les fraudes au président – entre 100 et 200 millions comme on l’a vu – et celles d’un ordre de grandeur vraisemblablement voisin occasionnées par les fraudes aux sentiments actives sur les réseaux sociaux au détriment des personnes seules, âgées ou influençables.

Une réalité surprenante se découvre, qui hisse le revenu brut des diverses formes de piratage en centaines de millions d’euros par an, très probablement au-dessus de 500 millions si l’on y incorpore les autres formes de nuisance que sont le hameçonnage ou encore la fraude dite nigériane, laquelle sollicite de l’argent via des courriels trompeurs.

Une comparaison instructive sera fournie par les vins de Bourgogne, dont le volume d’exportation oscille lui aussi entre 500 et 900 millions d’euros selon les années ; avec pour distinguo que ce revenu brut des viticulteurs est amputé par des coûts de production conséquents, alors que celui des pirates l’est dans une ampleur moindre.

Les vins de Bourgogne, dont le montant des exportations oscille lui aussi entre 500 et 900 millions d’euros selon les années. Georgii Shipin/Shutterstock

Des sorties d’argent sans contrepartie

Une sixième grandeur s’intègre ici au tableau, plus parlante même à l’échelle collective que les précédentes, en ce que la grande majorité de ces flux volés quitte la France. Ils constituent une sortie d’argent sans contrepartie. En quelque sorte, nous « achetons » des escroqueries, intégrables à nos importations dans la balance des échanges.

Économiquement, le territoire français se voit vidé d’une somme qui ne participe plus à la construction de notre PIB, ni à la taxe sur le PIB qu’est la TVA, et fait défaut pour les rentrées fiscales. Prenons conscience qu’à l’échelle d’une décennie, plusieurs milliards d’euros seront ainsi exfiltrés de l’espace national.

Ce facteur de paupérisation est d’autant plus néfaste que cette confiscation se fait au sein des entreprises, qui seront alors tentées de compenser ce choc par une réduction des investissements dans leurs projets d’avenir (postes budgétaires faisant aisément office de variable d’ajustement lors de coups du sort).

Inversement, les pays de transit ou de destination de cette manne accroîent leur masse monétaire. Gilbert Chikli, condamné en 2015 par le tribunal correctionnel de Paris pour 7,9 millions d’euros de fraudes au président mais à l’époque installé à Ashdod en Israël, déclara l’année suivante que 90 % de ces revenus passaient par la Chine ou Hongkong, qualifiés par lui de « plaque tournante universelle pour toute forme de fraudes ». De tels montants irriguent leur économie et concourent à la croissance économique, favorisant à la fois les rentrées fiscales et la corruption du tissu social local.

À l’image de la spécialisation sur les fraudes aux sentiments connue par une ville (Bouaké) d’une région (celle de Gbèkè) d’un pays (la Côte d’Ivoire), le piratage affiche dès lors un autre visage : multiniveaux. L’échelon individuel s’interpénètre avec un réseau local de protection de la cybercriminalité. Cette implantation des pirates localement bénéficie d’un écosystème de soutien national. Mécaniquement la protection devient diplomatique. Enfin la nécessité de blanchir les sommes favorise la création d’un réseau international. En cela, le piratage est devenu un système.

The Conversation

Philippe Laurier a reçu des financements : les organismes pour lesquels je travaille (une dizaine d'universités, écoles d'ingénieurs et centres de recherche) reçoivent tous des financements à la fois publics (notamment ministère de la Défense pour l'Ecole Polytechnique ou SGDN -via le Grand emprunt- pour SystemX) et privés (notamment Airbus sur la compréhension des conséquences d'attaques informatiques sur les supply chains industrielles).

Comprendre le malaise des agriculteurs

Marielle Berriet-Solliec, Professeure d'économie rurale, à AgroSup Dijon, Inrae
, 28/01/2020 | Source : sam7'Framanews

Début décembre, les agriculteurs bloquaient les artères de plusieurs grandes villes pour interpeller l’exécutif et la grande distribution à l’heure où débutent les négociations de prix annuelles. Le malaise profond qui habite aujourd’hui de nombreuses cours de fermes en France est quotidiennement évoqué, dans l’actualité, dans des films, des livres, des bandes dessinées.

À l’approche des élections municipales, la prise en compte des inquiétudes et du mal-être qu’expriment de nombreux agriculteurs est cruciale. En comprendre les racines pour y apporter les bonnes réponses en est la première étape. Les raisons de cette désillusion sont nombreuses et les énumérer en quelques mots de synthèse est une gageure. La situation est toutefois trop grave pour que les intellectuels, qui observent ces grandes transformations, ne partagent pas leur double constat.

Les exploitants agricoles, d’une part, représentent désormais 3,5 % des actifs agricoles alors que ce chiffre s’élevait respectivement à 27 % en 1955 et 6 % en 1988. Dans l’attente du prochain recensement de 2020, les estimations confirment cette baisse et un pourcentage qui se chiffrerait en dessous de 2 %. Jamais une profession n’a connu une évolution aussi brutale. Cette transformation n’est pas seulement quantitative : la chute du nombre d’actifs agricoles s’accompagne aussi d’un effacement de l’identité professionnelle agricole et d’un retrait de la vie politique, notamment locale. Quelle commune rurale est encore dirigée par un agriculteur ?

L’autre aspect du constat concerne l’expression parfois employée de « monde agricole », qui sous-entendrait l’existence d’une unité professionnelle. Elle cache en fait des réalités très variées, tant les modes de production sont aujourd’hui divers. Quels points communs entre une firme multinationale de production de lait standard et une ferme familiale en polyculture-élevage dans une filière sous signe de qualité ?

Pourquoi les agriculteurs n’arrivent-ils plus à vivre de leur travail ? (Le Monde).

La honte du « bouseux »

Comment en est-on arrivé là en 2019 ? Les pistes d’interprétation sont multiples et s’entremêlent.

Il y a d’abord l’image associée à l’agriculteur du bouseux ou du plouc, véhiculée au XIXe siècle par Balzac, Flaubert ou encore Maupassant. Ce mépris émanant de l’urbain, considéré comme plus civilisé et cultivé, est analysé finement par Jean Rohou dans son best-seller Fils de Ploucs. Des générations de femmes et d’hommes ont ainsi dû déployer des efforts considérables pour s’extraire du cliché du paupérisme campagnard.

Cette humiliation récurrente a été un des moteurs de la modernisation de l’agriculture, portée par des jeunes agriculteurs soucieux de s’instruire, d’acquérir de nouvelles connaissances, d’accéder aux signes du progrès, aspiration que la société de consommation dans les années 60 a exacerbée. Les nouvelles générations ont, dès lors, revendiqué haut et fort leur souhait d’échapper à un mode de vie et de travail jugé trop précaire.

Si à partir des années 60, la honte des ploucs des campagnes a pu conduire à une fuite des plus instruits vers les villes, certains après leur diplôme agronomique sont revenus reprendre et moderniser l’exploitation familiale. Mais bon nombre, aussi, ont opté pour un mode de vie citadin, dans un contexte de réduction du temps de travail pour nombre de salariés et de développement d’une société de loisirs… alors que la semaine de travail d’un exploitant agricole dépasse souvent les 60 heures et que les semaines de vacances sont rares.

Une des difficultés rencontrées aujourd’hui par ces repreneurs, puis par leurs enfants, est liée au fait que les efforts de modernisation engagés ne sont plus audibles par le reste de la société. Sans filtre ou clés d’interprétation, nombre de familles agricoles s’entendent aujourd’hui taxés de « polleurs-payeurs », d’« assassins d’animaux », et de « destructeurs de biodiversité ».

La crise du modèle familial

À ces espoirs déçus se mêle une crise profonde du modèle familial agricole. Longtemps prôné comme cible par les lois de modernisation des années 60, le noyau familial (la fameuse « ferme à 2 UTH »/Unité de Travail Humain) ne peut plus constituer le socle de l’agriculture française.

La multiplication des formes de sociétés agricoles conduit à revisiter profondément les liens, autrefois intriqués, entre les activités agricoles et la famille. Ces formes sociétaires se développent en raison de l’absence de congruence entre les règles juridiques, fiscales, sociales de l’activité agricole. Elles permettent l’embauche partagée de main d’œuvre extérieure, la mise en place de magasins de proximité ou de productions qui peuvent correspondre à une activité annexe (notamment la production d’énergie par méthanisation ou photovoltaïque)…

Cette redéfinition des contours de l’activité agricole, de la place occupée par la famille, couplée avec une fragilisation financière liée à des investissements croissants, peuvent induire des pertes de repères, parfois si profondes qu’elles peuvent mener au suicide.

Selon une étude, ces drames sont moins liés au contexte économique qu’aux tensions générationnelles et intergénérationnelles. Celles-ci se traduisent par des divergences sur la conception de la conduite de l’exploitation (par exemple entre un père et son enfant-repreneur), ou encore sur l’autonomie de la vie de couple. L’adoption d’un robot de traite, le travail de la conjointe à l’extérieur de l’exploitation, le recours à l’agriculture de précision… sont autant de choix qui viennent bousculer l’agriculture familiale.

Un secteur victime des dernières évolutions

À ces tensions internes au secteur agricole, s’ajoute une rupture du cercle vertueux en vigueur jusqu’aux années 1970, dont les conséquences perdurent dans un contexte persistant de crise économique. Le temps où la libération du travail agricole par l’essor de la mécanisation était absorbée par le boom de l’emploi tertiaire et par le modèle fordiste de l’industrie automobile (Citroën, Peugeot, Michelin, SEB…) est révolu.

Le secteur agricole a été une victime toute particulière des évolutions économiques et sociales de la fin du XXe siècle avec le passage à l’ère du numérique, les changements radicaux des modes de production et de consommation. La robotisation des activités agricoles et le recours croissant à l’agriculture de précision peuvent apparaître comme une adaptation à ces mutations. Mais ces avancées techniques peuvent s’accompagner dans le même temps de processus de marginalisation des acteurs agricoles qui ne prendraient pas ce train du progrès technologique.

Une autre tendance vient compléter ce tableau. Attirés par un ancrage à la terre, abîmés par un monde du travail urbain marqué par les burn-outs et une exigence de compétitivité toujours plus forte, nombre d’urbains se décident à revenir à la campagne et y installent de petites fermes, « hors cadre familial ».

Ces nouveaux acteurs optent souvent pour des formes « alternatives » de production : produits labellisés au regard de leur qualité et de leur origine, produits en circuits courts, produits en agriculture biologique… Par l’adoption de nouvelles valeurs et pratiques, souvent en dehors des canaux traditionnels de l’appareil professionnel agricole, ces nouvelles exploitations exacerbent la diversité des modèles de production agricole.

Enfin, l’accélération du changement climatique qui touche frontalement les activités agricoles renforce le caractère très incertain d’exercice du métier de paysan au XXIe siècle. L’activité agricole étant par essence biologique, elle doit faire face et s’adapter à de nouveaux aléas.

Ces éléments de constat appellent une refonte du contrat social entre citoyen·ne·s et agriculteurs·trices. Une telle réflexion exige d’envoyer des signaux forts de respect à une profession considérée hier comme noble et aujourd’hui malmenée et mal-aimée (souvent par méconnaissance). Un tel débat dépasse certes largement les frontières françaises mais si l’enjeu en France est de produire sainement des productions alimentaires dans des environnements préservés, il conviendrait de se doter d’un cadre ambitieux pour promouvoir des systèmes agroalimentaires durables. Sinon, quelles autonomie alimentaire et capacité de sélection des modes de production de nos aliments léguerons-nous aux générations futures ?

The Conversation

Laure LAMY est adhérente à Agronomes et Vétérinaires sans frontières.

Marielle Berriet-Solliec ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son poste universitaire.

« Libre à vous ! » diffusée mardi 28 janvier 2020 sur radio Cause Commune

fcouchet
, 28/01/2020 | Source : sam7'Framanews

Au programme : La plateforme d'exploitation des données de santé des patients et patients français « Health Data Hub »; chronique sur Facebook; présentation de Cenabumix le GULL (groupe d'utilisateurs et d'utilisatrices de logiciels libres) de la région d’Orleans.

Libre à vous !, l'émission pour comprendre et agir avec l'April, chaque mardi de 15h30 à 17h sur la radio Cause commune (93.1 FM en Île-de-France et sur Internet).

Au programme de la 51e émission :

  • chronique « Itsik Numérik » d'Emmanuel Revah sur Facebook
  • sujet principal : la plateforme d'exploitation des données de santé « Health Data Hub » avec Stéphanie Combes, directrice de la plateforme, Adrien Parrot et Nicolas Paris de l'association InterHop (les hôpitaux français pour l'interopérabilité)
  • chronique « Le libre fait sa comm' » d'Isabella Vanni, coordinatrice vie associative et responsable projets à l'April : interview de Jean Carratala, secrétaire de Cenabumix, secrétaire du GULL (groupe d'utilisateurs et d'utilisatrices de logiciels libres) de la région d'Orléans
  • diverses annonces

Podcasts des différents sujets abordés

Les podcasts seront disponibles après la diffusion de l'émission (quelques jours après en général).

N'hésitez pas à nous faire des retours sur le contenu de nos émissions pour indiquer ce qui vous a plu mais aussi les points d'amélioration. Vous pouvez nous contacter par courriel, sur le webchat dédié à l'émission (mais nous n'y sommes pas forcément tout le temps) ou encore sur notre salon IRC (accès par webchat).

Personnes participantes

Les personnes qui ont participé à l'émission :

  • Frédéric Couchet, délégué général de l'April
  • Emmanuel Revah
  • Stéphanie Combes, directrice du « Health Data Hub »
  • Adrien Parrot et Nicolas Paris de l'association InterHop (les hôpitaux français pour l'interopérabilité)
  • Jean Carratala, secrétaire de Cenabumix
  • Isabella Vanni, coordinatrice vie associative et responsable projets à l'April
  • Étienne Gonnu, chargé de mission affaires publiques à l'April

Galerie photos

Vous pouvez voir quelques photos prises pendant l'émission.

Références pour la chronique « Itsik Numérik » sur Facebook

Références pour la partie consacrée à « Health Data Hub »

Références pour la chronique « Le libre fait sa comm' » consacrée à Cenabumix

Références pour la partie sur les annonces diverses

Pauses musicales

Les références pour les pauses musicales :

Licences de diffusion, réutilisation

Les podcasts sont diffusés selon les termes d’au moins une des licences suivantes : licence Art libre version 1.3 ou ultérieure, licence Creative Commons By Sa version 2.0 ou ultérieure et licence GNU FDL version 1.3 ou ultérieure. Les musiques sont diffusées sous leur propre licence.

Appel aux candidat·es aux municipales à s’opposer à la reconnaissance faciale

martin
, 28/01/2020 | Source : sam7'Framanews

En cette Journée de protection des données, l’Observatoire des libertés numériques1Organisations membres de l’Observatoire des libertés et du numérique signataire de cette lettre ouverte : Le CECIL, Creis-Terminal, Globenet, La Ligue des Droits de l’Homme (LDH), La Quadrature du Net (LQDN), Le Syndicat des Avocats de France (SAF), Le Syndicat de la Magistrature (SM). envoie formellement la lettre ouverte demandant l’interdiction de la reconnaissance faciale sécuritaire au gouvernement ainsi qu’aux parlementaires. Cette lettre est désormais signée par 124 organisations.

Dans le même temps, l’OLN invite les listes candidates aux élections municipales à rejoindre cet appel et à s’engager contre ces logiques.

Au delà de la reconnaissance faciale, il est également essentiel d’attirer l’attention des listes candidates sur les autres technologies sécuritaires qui sont aujourd’hui en développement en France (voir à ce titre la campagne Technopolice). C’est le cas notamment pour la vidéosurveillance automatisée qui fait l’objet de nombreux contrats entre industriels et collectivités (et que La Quadrature du Net et la Ligue des Droits de l’Homme viennent d’attaquer en justice à Marseille).

Nous invitons donc également toutes personnes sensibilisées à ces enjeux à contacter les listes candidates aux élections municipales pour leur demander de s’engager contre la reconnaissance faciale sécuritaire par la signature de cette lettre, mais également de prendre position contre l’expansion de la vidéosurveillance et les techniques de vidéosurveillance automatisée.

Pour les organisations et listes candidates souhaitant signer cette lettre, envoyez un message à contact@laquadrature.net en indiquant la ville concernée, son code postal et le nom de la liste ainsi qu’un lien de référence.

Lettre commune : Interdisez la reconnaissance faciale sécuritaire

Nous, organisations, collectifs, entreprises, associations et syndicats, demandons au Parlement et au gouvernement français d’interdire tout usage sécuritaire de dispositifs de reconnaissance faciale actuels ou futurs.

Nous constatons que de telles technologies sont aujourd’hui déjà largement déployées en France. Outre les portiques « Parafe » présents dans plusieurs aéroports et gares, le fichier de traitement des antécédents judiciaires permet depuis 2012 à la police et à la gendarmerie de recourir à la reconnaissance faciale à partir d’images prises dans la rue par des caméras, ou encore obtenues sur les médias sociaux. D’autres expérimentations ont déjà été menées ou sont programmées.

La multiplicité des dispositifs déjà existants, installés sans aucun véritable encadrement juridique, transparence ou réel débat public, ne satisfait pourtant pas nombre d’acteurs publics et industriels. En se fondant sur le fantasme d’un développement inéluctable de la technologie et sur des arguments purement sécuritaires et économiques, ils souhaitent accélérer et faciliter le déploiement de ces dispositifs, au détriment des conséquences pour nos libertés et notre modèle de société.

La reconnaissance faciale est une technique exceptionnellement invasive et déshumanisante qui permet, à plus ou moins court terme, la surveillance permanente de l’espace public. Elle fait de nous une société de suspect·es. Elle attribue au visage non plus une valeur de personnalité mais une fonction de traceur constant, le réduisant à un objet technique. Elle permet un contrôle invisible. Elle impose une identification permanente et généralisée. Elle abolit l’anonymat.

Aucun argument ne peut justifier le déploiement d’une telle technologie : au-delà de quelques agréments anecdotiques (utiliser son visage plutôt que des mots de passe pour s’authentifier en ligne ou activer son téléphone…), ses seules promesses effectives sont de conférer à l’État un pouvoir de contrôle total sur la population, dont il ne pourra qu’être tenté d’abuser contre ses opposant·es politiques et certaines populations. Puisque l’utilisation de la reconnaissance faciale à des fins sécuritaires est par essence disproportionnée, il est vain d’en confier l’évaluation au cas par cas à une autorité de contrôle qui échouerait en pratique à suivre chacune de ses nombreuses nouvelles applications.

C’est pourquoi nous vous demandons d’interdire tout usage sécuritaire qui pourrait en être fait. De telles interdictions ont déjà été décidées dans plusieurs villes des États-Unis. La France et l’Union européenne doivent aller encore plus loin et, dans la lignée du règlement général sur la protection des données personnelles (RGPD), construire un modèle européen respectueux des libertés.

Il conviendra par ailleurs de renforcer les exigences de protection des données à caractère personnel et de limiter les autres usages de la reconnaissance faciale : qu’il s’agisse d’authentification ou d’identification privée, l’ensemble de ces dispositifs ne sont pas assez protecteurs des atteintes à la vie privée ; ils préparent, et banalisent une société de surveillance de masse.

Nous appelons à l’interdiction de tout usage sécuritaire de la reconnaissance faciale.

Liste des signataires :

References   [ + ]

1. Organisations membres de l’Observatoire des libertés et du numérique signataire de cette lettre ouverte : Le CECIL, Creis-Terminal, Globenet, La Ligue des Droits de l’Homme (LDH), La Quadrature du Net (LQDN), Le Syndicat des Avocats de France (SAF), Le Syndicat de la Magistrature (SM).

Stockez vos fichiers, agendas, contacts avec Nexcloud, notre nouveau service libre Chapril

cmomon
, 28/01/2020 | Source : sam7'Framanews

Logo Chapril

Nous avons le plaisir de vous annoncer que le Chapril compte un nouveau service libre en ligne et accessibles à tout le monde :

Le service valise.chapril.org permet de partager des fichiers, de synchroniser des agendas et des contacts depuis votre téléphone, etc. Rapidement et simplement. Le service s'appuie sur Nextcloud.

Pour l'instant, le nombre de comptes est limité à 500 avec 1 Go d'espace disque par compte. La suppression d'un compte vous étant très facile, n'hésitez pas à en profiter pour découvrir les formidables fonctionnalités de ce logiciel libre. Conservez votre compte si vous en avez un usage fréquent et régulier.

Bravo et merci à Laurent, l'animateur de ce nouveau service. Si vous aussi voulez déployer et animer un service Chapril, venez nous le dire sur la liste chapril@april.org.

Pour rappel, le Chapril est une plateforme de l'April qui met à disposition de tout le monde des services libres en ligne. Ouvert en 2018, le Chapril se fait en tant que membre du projet CHATONS (Collectif des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires) lancé par Framasoft.

Venez découvrir tous les services du Chapril :
Découvrez les services du Chapril

Réflexions sur l'importance de la liberté d'expression pour ceux qui ne la comprennent pas. -- Jean BRICMONT

Jean BRICMONT
, 28/01/2020 | Source : sam7'Framanews

D'abord en partant de mon cas personnel puis en généralisant.
Depuis que j'ai écrit La République des censeurs (bientôt rééditée en version complétée), et même avant, j'ai été régulièrement censuré ou boycotté, par exemple pour parler de physique (à Nice en mai dernier) ou de philo des sciences (dans un département de physique il y a quelques années) ou à la fête de l'Huma en 2012, sur l'impérialisme humanitaire, sous pression de menaces physiques. Récemment un débat sur les médias en Belgique a été annulé faute (...)

Nos lecteurs proposent / Liberté d'expression , Censure

Macron crée un droit de censure policière sur les sites internet -- Jean-Luc MELENCHON

Jean-Luc MELENCHON
, 28/01/2020 | Source : sam7'Framanews

Mercredi 22 janvier, la majorité LREM a adopté en seconde lecture la proposition de loi Avia visant soi-disant à lutter contre la haine sur internet. En juillet dernier, j'avais défendu une motion de rejet contre ce texte. En effet, derrière des intentions apparement louables, il ouvre la possibilité de pratiques dangereuses sur les réseaux sociaux, notamment la censure privée. Déjà, l'intervention des multinationales du numérique dans la vie politique est une réalité. En 2019, Facebook avait coupé la (...)

Nos lecteurs proposent / France , Censure

Noyau Linux 5.5 : nouveautés, améliorations

Rédaction
, 28/01/2020 | Source : sam7'Framanews

Avec le passage au stade RC7, Linus Torvalds a pu annoncer en début de semaine la première version stable du noyau Linux 5.5. Voici les principales nouveautés.
En dehors de corrections (intervenues en dernière minute) de pilotes réseau (notamment netfilter), le noyau 5.5 (Kleptomaniac Octopus) comprend des améliorations au niveau de la sécurité. Citons d'ailleurs la prise en charge de blake2b, un algorithme de cryptographie.
Le nouveau noyau introduit le support de nouveau matériels et (...)

- Applications

Deux approches fondamentales pour réussir sa transformation digitale

Rédaction
, 28/01/2020 | Source : sam7'Framanews

La transformation numérique est aujourd'hui une donnée stratégique pour les entreprises privées et les structures publiques. Mais opérer un tel virage nécessite de s'appuyer sur des expertises et de réels savoir-faire, notamment au niveau de la maîtrise des contraintes propres à chaque métier et secteur d'activité.
Pour répondre aux besoins uniques des acteurs métier et de leurs clients ou usagers, les acteurs de la tech et les ESN doivent se spécialiser dans la mise en œuvre de projets « sur-mesure » (...)

- Tribunes