Le Printemps de l’Innovation Open Source revient pour une cinquième édition

Le Printemps de l’Innovation Open Source, dit OSIS, intègre plusieurs rendez‐vous en région parisienne pour mettre en valeur l’excellence scientifique et technologique du Libre. Il a vocation à montrer le travail des équipes de chercheurs, mais aussi la R & D des PME en logiciel libre. C’est fait en présentant des innovations sur les thèmes porteurs actuels (Internet des objets, informatique en nuage, qualité), dont le succès et la visibilité se veulent mondiaux.

Bannière OSIS 2019

Le Hub Open Source du Pôle Systematic (anciennement GTLL) et l’Irill, à l’initiative de cette série de conférences thématiques, vous donnent trois rendez‐vous détaillés ci‐dessous, en plus de l’OW2con’19 qui s’intègre naturellement à ce printemps de l’innovation.

Frama-C & SPARK Day 2019

  • Date : 3 juin, de 9 h à 17 h ;
  • Lieu : La Fabrique Événementielle, Paris X ;
  • Direction de programme : François Bobot (CEA), Claire Dross (AdaCore), Florent Kirchner (CEA), Nikolai Kosmatov (CEA), Claude Marché (Inria), Benjamin Monate (TrustInSoft) et Yannick Moy (AdaCore) ;
  • Thématiques : embarqué, sécurité, voiture autonome.

Découvrez le programme détaillé et les intervenants internationaux sur la page Web dédiée.

Internet des objets et embarqué critique

  • Date : 13 juin de 14 h à 18 h ;
  • Lieu : Sorbonne université, UPMC, Paris ;
  • Direction de programme : Emmanuel Chailloux (LIP6, Unité Mixte de Recherche de Sorbonne Université et du Centre National de la Recherche Scientifique), Pierre Ficheux (SMILE) ;
  • Thématiques : embarqué, sécurité, Internet des objets.

L’événement a pour but de présenter sur un après‐midi les technologies permettant d’assurer la qualité des logiciels et systèmes d’exploitation embarqués dans les équipements de l’Internet des objets.

Cloud

  • Date : 14 juin de 14 h à 18 h ;
  • Lieu : Campus Jussieu, Tour 25/26, salle 105 ;
  • Direction de programme : Julien Sopena (LIP6), Jonathan Rivalan (Alter Way) ;
  • Thématiques : l’informatique en nuage.

Après‐midi de conférence et d’échanges croisés entre industriels et académiques autour de l’écosystème cloud open source. Un des objectifs est d’exposer les dernières solutions (cadriciels et outils) pour les usages actuels et à venir de l’informatique en nuage, de l’optimisation de la planification aux architectures spécifiques. N’hésitez pas à aller consulter la page du programme détaillé.

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Pour l’interopérabilité des géants du web : lettre commune de 45 organisations

La Quadrature du Net est à l'origine d'une lettre commune demandant au gouvernement et au législateur d’agir pour que les grandes plateformes (Facebook, Youtube, Twitter…) deviennent interopérables avec les autres services Internet. L'April fait partie des 45 organisations de défense des libertés, organisations professionnelles, hébergeurs et FAI associatifs co-signataires de la lettre.

Notre lettre commune (aussi en PDF) reste ouverte à signature par des associations et entreprises (les personnes physiques sont vivement encouragées à se l’approprier et à la diffuser autour d’elles). Pour signer, écrivez à contact@laquadrature.net avec « Signature lettre interopérabilité » en objet, puis en précisant le nom de votre organisation dans le courriel. Merci !

Lettre commune : pour l’interopérabilité des grandes plateformes en ligne

Nous, défenseurs d’un Internet neutre, libre et ouvert, appelons le législateur à agir pour que les grandes plateformes deviennent interopérables avec les autres services Internet.

L’interopérabilité garantit à tout le monde de ne pas se trouver captif d’une plateforme : de pouvoir librement la quitter, sans perdre ses liens sociaux, et de continuer à communiquer avec ses contacts. L’interopérabilité permet à quiconque de lire depuis un service A les contenus diffusés par ses contacts sur un service B, et d’y répondre comme s’il y était. L’interopérabilité est garantie lorsqu’elle repose sur des standards ouverts.

Des services comme Facebook, Twitter et Youtube tiennent leur pouvoir du nombre élevé d’utilisateurs et d’utilisatrices qu’ils ont rendu captives : ce grand nombre incite d’autres personnes à rejoindre leur service, et leur captivité permet de leur imposer une surveillance constante à des fins publicitaires. Aujourd’hui, nombreux sont celles et ceux qui souhaiteraient y échapper mais sont contraints d’y rester sous peine de perdre le contact avec leurs relations.

Pourtant, en dehors de ces plateformes, des services interopérables réunissent déjà des millions de personnes (Mastodon, Diaspora, PeerTube…), notamment via le protocole d’interopérabilité ActivityPub publié par le W3C en 2018. Ces réseaux décentralisés, basés sur des logiciels libres, sont co-hébergés par une multitude d’acteurs distribuant largement les coûts entre eux, ce qui contribue à l’émergence de modèles économiques bien plus respectueux des libertés que celui de la publicité ciblée.

Migrer vers ces services permettrait aussi d’échapper à l’environnement toxique entretenu sur Facebook, Youtube ou Twitter. Ces géants favorisent la diffusion des contenus qui maintiennent au mieux notre attention, souvent les plus anxiogènes ou caricaturaux. À l’opposé de la voie prise par les récentes lois de censure, il ne faut pas espérer que ces plateformes freinent la diffusion de propos haineux, trompeurs ou dangereux, car leur modèle économique, au contraire, renforce cette diffusion.

Il est urgent de permettre à toute personne d’échapper à la surveillance et à la toxicité de ces grandes plateformes en rejoignant des services libres, décentralisés et à taille humaine sans conséquences nocives sur ses liens sociaux. La loi doit imposer cette interopérabilité.

45 premiers signataires :

« Libre à vous ! » diffusée mardi 21 mai 2019 sur radio Cause Commune - Modèles d'organisation d'entreprises du libre - Transcriptions sur Parcoursup - Partager est bon (le droit de lire)

Nous avons commencé par la chronique « Les transcriptions qui redonnent le goût de la lecture » de Marie-Odile Morandi, animatrice du groupe Transcriptions. Sa chronique a porté sur Parcoursup. Nous avons enchaîné avec notre sujet principal qui portait sur des modèles d'organisation d'entreprises du logiciel libre avec Pierre-Yves Dillard de la société Easter-Eggs et du Réseau Libre-Entreprise et Vincent Laurent de la société 24ème. Nous avons poursuivi avec la chronique « Partager est bon » de Véronique Bonnet, vice-présidente de l'April, qui portait sur le droit de lire. Nous avons terminé par des annonces diverses.

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Podcasts des différents sujets abordés

Les podcasts seront disponibles après la diffusion de l'émission (le jour même ou le lendemain).

Photo d'illustration de l'émission

Les ambitions de l'émission Libre à vous !

La radio « Cause commune » émet sur la bande FM en Île-de-France (93.1) et sur Internet sur le site web de la radio : « Radio associative et citoyenne, les missions de Cause Commune sont de fédérer toutes les initiatives autour du partage et de l’échange de savoirs, de cultures et de techniques ».

Nous animons une émission intitulée Libre à vous ! d'explications et d'échanges concernant les dossiers politiques et juridiques que l'April traite et les actions qu'elle mène. Une partie de l'émission est également consacrée aux actualités et actions de type sensibilisation. L'émission Libre à vous ! est principalement animée par l'équipe salariée de l'April mais aussi par des membres bénévoles de l'association et des personnes invitées. Donner à chacun et chacune, de manière simple et accessible, les clefs pour comprendre les enjeux mais aussi proposer des moyens d'action, tel est l'objectif de cette émission hebdomadaire, qui est diffusée en direct chaque mardi de 15 h 30 à 17 h et rediffusée le mardi soir à 21h.

Bande annonce de l'émission Libre à vous !

Découvrez en 1 minute et 30 secondes
l'émission Libre à vous !

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N'hésitez pas à nous faire des retours sur le contenu de nos émissions pour indiquer ce qui vous a plu mais aussi les points d'amélioration. Vous pouvez nous contacter par courriel, sur le webchat dédié à l'émission (mais nous n'y sommes pas forcément tout le temps) ou encore sur notre salon IRC (accès par webchat). L'émission dispose d'un flux RSS compatible podcast.

Programme de l'émission du 21 mai 2019

La vingt-sixième émission Libre à vous ! de l'April a été diffusée en direct sur la radio « Cause commune » mardi 21 mai 2019 de 15 h 30 à 17 h.

Au programme :

  • Chronique « Les transcriptions qui redonnent le goût de la lecture » de Marie-Odile Morandi, sur le thème de Parcoursup
  • Modèles d'organisation d'entreprises du logiciel libre
  • Chronique « Partager est bon » de Véronique Bonnet sur le thème du droit de lire
  • Annonces

Personnes participantes

Les personnes qui ont participé à l'émission :

  • Frédéric Couchet, délégué général de l'April
  • Marie-Odile Morandi, animatrice du groupe Transcriptions
  • Pierre-Yves Dillard de la société Easter-Eggs et du Réseau Libre-Entreprise
  • Vincent Laurent de la société 24ème
  • Véronique Bonnet, vice-présidente de l'April
  • Isabella Vanni et Patrick Creusot à la régie

Références pour la partie chronique « Les transcriptions qui redonnent le goût de la lecture »

Références pour la partie sur des modèles d'organisation d'entreprises du logiciel libre

Références pour la chronique « Partager est bon » de Véronique Bonnet

Références pour la partie sur les annonces diverses

Pauses musicales

Les références pour les pauses musicales :

Pour l’interopérabilité des géants du Web : lettre commune de 45 organisations

La Quadrature du Net, avec 45 organisations de défense des libertés, organisations professionnelles, hébergeurs et FAI associatifs, demandent au gouvernement et au législateur d’agir pour que les grandes plateformes (Facebook, Youtube, Twitter…) deviennent interopérables avec les autres services Internet.

Notre lettre commune (aussi en PDF) reste ouverte à signature par des associations et entreprises (les individus sont vivement encouragés à se l’approprier et à la diffuser autour d’eux). Pour signer, écrivez-nous à contact@laquadrature.net avec « Signature lettre interopérabilité » en objet, puis en précisant le nom de votre organisation dans le mail. Merci !

Lettre commune : pour l’interopérabilité des grandes plateformes en ligne

Nous, défenseurs d’un Internet neutre, libre et ouvert, appelons le législateur à agir pour que les grandes plateformes deviennent interopérables avec les autres services Internet.

L’interopérabilité garantit à tout le monde de ne pas se trouver captif d’une plateforme : de pouvoir librement la quitter, sans perdre ses liens sociaux, et de continuer à communiquer avec ses contacts. L’interopérabilité permet à quiconque de lire depuis un service A les contenus diffusés par ses contacts sur un service B, et d’y répondre comme s’il y était. L’interopérabilité est garantie lorsqu’elle repose sur des standards ouverts.

Des services comme Facebook, Twitter et Youtube tiennent leur pouvoir du nombre élevé d’utilisateurs et d’utilisatrices qu’ils ont rendu captives : ce grand nombre incite d’autres personnes à rejoindre leur service, et leur captivité permet de leur imposer une surveillance constante à des fins publicitaires. Aujourd’hui, nombreux sont celles et ceux qui souhaiteraient y échapper mais sont contraints d’y rester sous peine de perdre le contact avec leurs relations.

Pourtant, en dehors de ces plateformes, des services interopérables réunissent déjà des millions de personnes (Mastodon, Diaspora, PeerTube…), notamment via le protocole d’interopérabilité ActivityPub publié par le W3C en 2018. Ces réseaux décentralisés, basés sur des logiciels libres, sont co-hébergés par une multitude d’acteurs distribuant largement les coûts entre eux, ce qui contribue à l’émergence de modèles économiques bien plus respectueux des libertés que celui de la publicité ciblée.

Migrer vers ces services permettrait aussi d’échapper à l’environnement toxique entretenu sur Facebook, Youtube ou Twitter. Ces géants favorisent la diffusion des contenus qui maintiennent au mieux notre attention, souvent les plus anxiogènes ou caricaturaux. À l’opposé de la voie prise par les récentes lois de censure, il ne faut pas espérer que ces plateformes freinent la diffusion de propos haineux, trompeurs ou dangereux, car leur modèle économique, au contraire, renforce cette diffusion.

Il est urgent de permettre à toute personne d’échapper à la surveillance et à la toxicité de ces grandes plateformes en rejoignant des services libres, décentralisés et à taille humaine sans conséquences nocives sur ses liens sociaux. La loi doit imposer cette interopérabilité.

45 premiers signataires :

Une traduction citoyenne pour (enfin) lire le dernier rapport du GIEC sur le climat

Une vingtaine de personnes ont contribué à mettre au point la traduction française du résumé aux décideurs du rapport du GIEC. Shutterstock

Cet article est publié dans le cadre du Forum international de la météo et du climat, qui se tiendra à Paris du 25 au 28 mai 2019 et dont The Conversation est partenaire. Retrouvez toutes les infos pratiques pour prendre part à ce rendez-vous sur le site du Forum : forumeteoclimat.com.


À l’heure où des milliers de jeunes délaissent écoles et universités pour descendre dans la rue en faveur du climat, des citoyens s’approprient le rapport spécial du GIEC d’octobre 2018. Ce dernier portait sur les conséquences d’un réchauffement climatique global de plus de 1,5 °C à l’horizon 2100.

Publiée sur Wikisource le 2 mars dernier, la traduction citoyenne en français du rapport a bénéficié d’un large écho. Lancée par des traducteurs amateurs sur leurs pages personnelles, partagée par de nombreux internautes, relayée par les médias sociaux et traditionnels, elle circule désormais au sein du public francophone, en Europe, en Afrique ou au Québec.

Petite sœur officieuse d’un document officiel à destination des décideurs du monde, elle s’adresse aux politiques autant qu’aux citoyens, leur rendant intelligible un document rédigé en anglais, soi-disant connu de tous, mais lu par très peu.

Un constat politique

Cette initiative est née du constat de Brice Montagne, citoyen français engagé pour l’action climatique en Europe. Le 5 février, il interpellait publiquement la chambre des députés du Luxembourg, son pays de résidence :

« Le rapport du GIEC, qui a été publié en automne 2018, détaille tout ce que nous devons faire et tout ce à quoi nous avons affaire. J’ai une question pour vous : qui a lu ce rapport ? »

Aucune main ne se leva dans l’hémicycle. Possible confusion entre acronymes français GIEC et anglais IPCC, l’excuse sera invoquée par la suite. Au-delà de l’anecdote, la large majorité d’hommes et de femmes politiques semble ne pas avoir lu le court « résumé pour décideurs » d’une trentaine de pages en anglais.

Comment prendre les bonnes décisions politiques sans s’être au préalable approprié le constat scientifique ? Une question que Valérie Masson-Delmotte s’est posée en octobre 2018 lors de son audition au Sénat.

Cette évaluation de l’état des connaissances par la communauté scientifique a justement pour visée d’éclairer les choix politiques, de manière neutre et non prescriptive : pourquoi dès lors un rapport pourtant approuvé par tous les pays n’est-il pas systématiquement discuté en session plénière dans les parlements ?

La langue, un frein majeur

Le rapport du GIEC expose de manière rigoureuse, sur la base des travaux de recherche mondiaux, les voies d’action possibles, et autant de pistes de solutions pour les décideurs. Il insiste sur l’urgence de « transitions sans précédent historique » dans tous les secteurs d’activité autant que sur les transformations permettant de réduire les rejets de gaz à effet de serre tout en permettant à tous de vivre mieux et dignement.

Il met également en évidence les conséquences graves des risques climatiques pour les populations et la préservation de la biodiversité en cas de retard à agir ou d’inaction.

Comment mobiliser des milliards d’humains à une cause légitime si les politiques ne l’ont pas intégrée ? Ouvrir directement la voie à la conscience citoyenne pourrait constituer une alternative. Or pour la plupart des gens, leur langue natale constitue un frein indéniable à l’accessibilité du document, publié initialement en anglais.

Sur le site Internet du GIEC, les traductions dans les autres langues de l’ONU (russe, espagnol, chinois, arabe et français) sont annoncées mais encore en cours de relecture. Ce délai de six mois entre la publication du rapport, sa couverture médiatique et son accessibilité dans d’autres langues est un frein majeur à son appropriation par les citoyens non anglophones.

Les étapes de la préparation d’un rapport du GIEC.

Dans une démarche transfrontalière et pan-européenne, Brice Montagne lance un appel sur une idée d’une amie de longue date, Eva Girodon. Frédéric Conrotte, un citoyen belge proche de Brice, propose les meilleures solutions collaboratives disponibles sur la toile. Une équipe de personnes motivées se mobilise spontanément, et ses rangs grossissent à mesure que le projet gagnera d’autres langues, d’autres contrées.

Pour le seul français, c’est au total une petite vingtaine de personnes qui y ont consacré des soirées entières, l’ont relue attentivement, comme Florence Gavelle, ou y ont apporté des modifications sporadiques. De l’idée à la publication, moins de quatre semaines s’étaient écoulées !

Une démarche rigoureuse

Si la démarche se veut citoyenne et bénévole, la crédibilité ne sera atteinte qu’au prix d’une rigueur quasi professionnelle ; le choix des mots est pesé, les traductions des précédents rapports sont passées au crible, les discussions s’ouvrent entre traducteurs de tous horizons pour les concepts complexes ou les dénominations spécifiques.

La version française sera la première à aboutir, suivie de la version portugaise. Les documents sont hébergés sur la plate-forme collaborative Wikisource, où se trouvent déjà de nombreux documents historiques de grande importance dont le procès de Galilée. Symbolique puissante pour les rapports du GIEC, qui font également partie de l’histoire des connaissances essentielles que l’humanité a produites.

Dès le départ, la démarche se veut transparente et le service juridique du GIEC est informé avant même que la version anglaise ne soit passée, dans un premier temps, à la traduction automatique, seule étape informatisée d’un exercice dont toutes les étapes suivantes reposeront sur l’intelligence humaine collective.

Depuis lors, le document en français a été consulté près de 30 000 fois : un véritable succès pour le résumé d’un texte qui reste très technique.

Un écho aux recommandations du GIEC

Le GIEC n’a pas pour mandat de produire des adaptations de ses rapports d’évaluation pour tous les publics. Dès lors, cela demande de mobiliser d’autres acteurs et des outils de communication adaptés – produits dérivés en quelque sorte, pour la diffusion des connaissances vers différents types d’audiences. C’était la conclusion du groupe d’experts réunis par le GIEC pour une réflexion sur la communication qui s’est tenue en février 2016 à Oslo.

Ces « produits dérivés » sont des outils de communication dont l’initiative et l’origine n’émanent pas du Groupe d’experts, mais dont les visées et les objectifs répondent à ses besoins de communication. Initiatives nationales ou citoyennes, publiques ou privées, elles sont à la fois bénéfiques et nécessaires, elles témoignent de l’appropriation des messages scientifiques par chacun des acteurs, fussent-ils décideurs ou citoyens.

L’aspect novateur de la démarche citoyenne actuelle est qu’elle ouvre les portes à la relecture attentive par des membres du GIEC du travail fourni par ces citoyens, même si leur initiative ne veut en aucun cas se substituer à une traduction officielle. Youba Sokona et Thelma Krug, vice-présidents du GIEC, ont d’ores et déjà marqué avec enthousiasme leur soutien bienveillant à cette initiative et relu l’un la version française, l’autre la portugaise.

Calendrier des publications du Rapport d’évaluation 6 du GIEC.

Un effet boule de neige

La puissance d’une initiative citoyenne de ce type est de fédérer politiques, citoyens et experts, transcendant les intérêts des parties pour une cause commune – res publica d’aujourd’hui et monde de demain.

Impertinente, elle s’insinue dans la classe politique et ouvre le débat, imposant les préoccupations citoyennes à l’ordre du jour des discussions des décideurs. Transparente et innovante, elle propose des méthodes performantes (wiki) pour une relecture collégiale, impliquant citoyens ou scientifiques, auteurs ou non du rapport.

Par son efficacité, elle bouleverse le calendrier des experts et se présente à eux en soutien. C’est à travers la langue populaire que ce message d’experts fait désormais les titres des médias grand public. Partie d’un petit pays berceau de l’Europe, elle essaime vite hors des frontières et des continents, et prend son envol dans l’air du temps.

Comme le changement climatique que nulle frontière n’enserre, la démarche citoyenne se répand : aucune langue n’est prioritaire, aucun ordre établi, seule compte la motivation de celui ou celle qui la parle et se fait porte-parole des conclusions du GIEC, sans en avoir l’aval ou la validation, mais en toute légitimité puisque conforme à une stratégie de communication structurée mais ouverte, citoyenne dans son essence, scientifique dans sa substance.

Cette initiative citoyenne renforce celle des décideurs urbains qui ont, eux aussi, produit une adaptation (en anglais uniquement) du résumé pour décideurs du rapport ; ou encore celle de l’Office for Climate Education, qui a produit (en anglais, français et allemand) une adaptation du résumé pour les enseignants.

Peut être la première étape d’une adaptation des « résumés pour décideurs » en « résumés pour citoyens » ?


Cet article a été co-écrit par Brice Montagne, Frédéric Conrotte et Bénédicte Hennico, citoyens ayant initié et/ou participé à cette initiative collective de traduction.

The Conversation

Valérie Masson-Delmotte a reçu des financements pour les activités de recherche du LSCE de l'Institut Polaire Paul Emile Victor (IPEV), l'Agence Nationale de la Recherche (ANR), de la Commission européenne (projets européens de recherche collaborative), de la fondation BNP Paribas (projet FATES sur la dernière déglaciation).

Youba Sokona ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son poste universitaire.

Caliopen : la version bêta vient enfin d'arriver

On l'annonçait fin mars. Elle est là. La première bêta de Caliopen vient d'être livrée aux testeurs. Résumé des nouveautés.
Vous pouver utiliser Caliopen pour recevoir vos emails et vos messages privés Twitter dans une seule et même interface, vos échanges étant classés en fonction de vos correspondants plutôt qu'en fonction du système utilisé pour échanger. Vous n'avez pas besoin de changer d'email pour l'utiliser.
Relancé par Bpifrance en 2016, le projet évolue sereinement. Les développeurs annoncent une (...)

- Applications

Zoom sur trois projets émergents portés par Mozilla : Fluent, Bugbug et BinaryAST

Si vous fréquentez LinuxFr.org, vous le savez déjà : Mozilla, ce n’est pas qu’un navigateur Web. Trois projets émergents portés par Mozilla viennent, si besoin était, nous le rappeler :
Fluent, Bugbug et BinaryAST.

Fluent, un nouveau système de traduction et de régionalisation de logiciels

Mozilla vient de lancer Fluent (sous licence libre Apache 2.0) comme un projet indépendant, ce qui n’empêche pas que Firefox soit en train d’être adapté pour s’appuyer dessus (cf. la page permettant de suivre les progrès en la matière : « Are We Fluent Yet? »). Environ 3 000 entrées sur les 13 000 à traduire chez mozilla-central sont déjà gérées via Fluent.

« Plutôt que d’exiger des développeurs qu’ils prédisent toutes les permutations possibles dans toutes les langues prises en charge, Fluent préserve la langue source aussi claire qu’elle peut l’être. En même temps, il permet de s’adapter à la grammaire et au style d’autres langues, indépendamment de la langue source. »

Le communiqué de presse accompagnant ce lancement est lisible en français.

Bugbug, une intelligence artificielle pour gérer les bogues

Mozilla vient d’annoncer la création de Bugbug, une IA pour la gestion automatique des bogues. Bugbug est déjà utilisé en production pour :

  • le déplacement automatique des bogues dans des composants plus appropriés ;
  • l’identification de métadonnées manquantes (p. ex. : regression) ;
  • le type de bogue (tâche, amélioration ou défaut).

Comme d’habitude chez Mozilla, le projet est libre — publié sous la licence MPL v2. Et il a été conçu pour être réutilisé par d’autres projets (p. ex. : Eclipse, Red Hat, etc.).

BinaryAST, un format de fichier structuré pour du code JavaScript

Mozilla s’associe à Bloomberg, Facebook et Cloudflare pour proposer BinaryAST : un format de fichier structuré pour du code JavaScript, afin d’accélérer le chargement de ce dernier par le navigateur (lire l’article technique en anglais sur le blogue de Cloudflare, voir la conférence en anglais de 30 minutes donnée au FOSDEM 2018 par David Teller de Mozilla, et son diaporama).

Pour bien comprendre à quoi répond ce projet initié début 2017 par Mozilla : JavaScript dans Google Sheets, Google Docs, Yahoo!, LinkedIn ou Facebook, c’est entre 3 Mio et 7 Mio de code compressé, mis à jour fréquemment (parfois toutes les cinq minutes). Pour prendre l’exemple de Facebook : sur Chrome ou Firefox, il faut entre 500 et 900 ms pour analyser le code JavaScript. Et la tendance risque d’aggraver ce phénomène.

BinaryAST propose un fichier :

  1. de taille réduite, pour être téléchargé plus rapidement ;
  2. structuré, pour être analysé beaucoup plus rapidement.

Pour tester ce nouveau format, il vous faut l’activer dans la version Nightly de Firefox en allant dans « about:config » et en modifiant les réglages comme suit :
Options d’activation de BinaryAST dans Firefox Nigthly

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Interview de Sébastien Broca - Bonus de Philippe Borrel - Internet ou la révolution du partage


Sébastien Broca

Titre : ITV Sébastien Broca/Bonus de Internet ou la révolution du partage
Intervenant : Sébastien Broca
Lieu : Arte - Documentaire de Philippe Borrel Internet ou la révolution du partage
Date : mai 2019
Durée : 6 min 30
Écouter ou télécharger la vidéo
Licence de la transcription : Verbatim
Illustration : capture d'écran de la vidéo
NB : transcription réalisée par nos soins, fidèle aux propos des intervenant·e·s mais rendant le discours fluide.
Les positions exprimées sont celles des personnes qui interviennent et ne rejoignent pas nécessairement celles de l'April, qui ne sera en aucun cas tenue responsable de leurs propos.

Transcription

Le pouvoir du code. Effectivement Lawrence Lessig l’a très bien dit d’une formule très frappante et qui est restée, il a dit Code Is Law. Code Is Law ça veut dire : maintenant l’informatique a pris une telle place dans nos vies et dans nos existences qu’il y a plein de choses qui ne sont plus régulées par la loi ou par des choses que l’on connaît bien, mais qui sont régulées, en fait, par le code, d’où cet enjeu qu’il y a à avoir une certaine transparence du code, une certaine transparence de l’informatique, une certaine transparence des algorithmes parce que, de plus en plus, ça a un impact très fort sur nos vies, donc c’est en ce sens-là, encore une fois, que Lessig dit du Code Is Law parce qu’il y a une régulation qui est faite par le code, qui est faite par l’informatique. Donc, en tant que citoyens, on devrait peut-être avoir notre mot à dire sur les critères qui sont ceux de cette régulation.

On est au cœur d’une bataille du Libre parce qu’il y a des formes de contrôle de plus en plus oligopolistiques de l’information, de la connaissance et du code. C’est à la fois ce qui peut se jouer dans le cadre de la publication scientifique avec la domination de trois-quatre éditeurs scientifiques au niveau mondial ; c’est ce qui peut jouer, évidemment, au niveau des fameux GAFA, cet oligopole d’Internet qui de plus en plus re-centralise Internet et dicte, en fait, ses conditions en fonction de leur business modèles aux internautes.

Pourquoi est-ce qu’il y a une bataille du Libre ? Je disais en fait parce qu’il y a, à mon avis, une nécessité actuelle de lutter contre l’accaparement de certaines ressources, notamment des ressources informationnelles ou des ressources du code par quelques acteurs. C’est ça qu’on voit très clairement dans le monde numérique et c’est en cela que le Libre est une alternative porteuse d’espoir, finalement, pour réussir à contrer cette concentration de savoirs et aussi de pouvoirs.

Pour Richard Stallman, dès le départ le logiciel libre est un mouvement social ; lui c’est comme ça qu’il le décrit, c’est vraiment la volonté de défendre certaines valeurs, les valeurs de partage, de collaboration entre informaticiens et puis de défendre les libertés des utilisateurs contre le pouvoir des grandes entreprises du logiciel propriétaire.
Stallman est à un moment, au début des années 80, qui est le moment où on commence à avoir ce grand mouvement qui va ensuite s’amplifier, se généraliser, de privatisation de l’information et de la connaissance. Un des premiers objets sur lequel ce mouvement se déploie ce sont les logiciels. Stallman comprend ça à travers sa pratique professionnelle. Ce qu’il comprend un peu avant les autres c’est qu’il y a ce mouvement de privation de l’information et de la connaissance qui s’enclenche. Lui est un des premiers à trouver que c’est dangereux, qu’il y a là des questions de principe qui sont importantes et qu’il faut défendre. Et aussi, vu qu’il est informaticien, c’est le moment où l’informatique se démocratise et il comprend que l’informatique va devenir une chose de plus en plus importante, qui va prendre un rôle de plus en plus central dans nos vies. Donc laisser ce pouvoir grandissant de l’informatique entre les mains de quelques entreprises, de quelques multinationales, eh bien il y a un danger potentiel.

Il y a une prise de conscience qui s’opère déjà dans les années 90 qui est de dire, en fait, on a plein d’objets qui étaient considérés comme séparés, n’ayant pas beaucoup de rapports entre eux, entre les semences, entre les médicaments, entre les logiciels, entre les publications scientifiques. En fait ces choses-là ont plus de rapports qu’on ne le croit pour plusieurs raisons. Tout d’abord parce que finalement, fondamentalement dans un monde numérique, ces choses-là on peut dire que c’est de l’information. La molécule d’un médicament, une semence, le code source d’un logiciel, tout ça, en fait, c’est de l’information, ce sont des 0 et des 1 ; une fois que c’est numérisé tout ça c’est de l’information. D'autre part tous ces objets sont en fait l’objet d’un même mouvement qui va être appelé par James Boyle « le deuxième mouvement des enclosures », c’est-à-dire ce grand mouvement de propriétarisation et de privatisation de l’information ou, plus largement, de la connaissance.
Disons que ce renforcement de la propriété intellectuelle correspond aussi à un moment de mutation du capitalisme. Finalement on sort du capitalisme industriel, pour le dire vite, on rentre dans autre chose, cette fameuse économie de la connaissance, le capitalisme cognitif, en tout cas l’information et la connaissance acquièrent une importance économique absolument fondamentale. C’est vrai qu’à ce moment-là on a des évolutions juridiques qui sont finalement concordantes dans la mesure où elles amènent toutes à cette même privatisation de l’information et de la connaissance. On a différentes choses : dans les années 80, on encourage les universités aux États-Unis à breveter, par exemple, leurs découvertes ; ensuite on commence à pouvoir breveter les micro-organismes. Et puis, dans le même temps, on va allonger la durée des droits d’auteur et du copyright, etc. Il y a, en fait, tous ces mouvements à la fois d’extension de la brevetabilité, d’allongement de la durée du droit d’auteur et du copyright et puis, ensuite, de criminalisation du partage en ligne avec toutes les lois qu’on connaît qui ont culminé en France avec HADOPI. C’est vrai qu’il y a des gens qui commencent à se dire, dans les années 2000, tout ça, en fait, ça fait système, ça fait sens ; c’est un grand mouvement, effectivement, où une élite ou en tout cas un certain nombre d’acteurs économiques vont s’accaparer de manière privative l’information et la connaissance, donc il faut résister.
Donc le Libre c’est vraiment mettre en valeur ces principes de partage, de collaboration, de résistance face à la privatisation de l’information et de la connaissance, plutôt que le logiciel libre en tant que tel, en tant que mouvement particulier et singulier.

Ce qui est très intéressant dans le Libre et dans cette bataille du Libre, c’est qu’effectivement on construit des alternatives. Donc le Libre comme les communs c’est une manière de proposer autre chose, de proposer des alternatives par rapport à celles qui nous sont fournies, notamment par les grands acteurs du Web et du numérique.

Projet de loi école de la confiance : amendement 187 sur la priorité au logiciel libre déclaré irrecevable

À l'occasion de l'examen en séance publique du projet de loi pour une école de la confiance, l'amendement n° 187 proposait que les logiciels mis à disposition des élèves dans le cadre du service public de l’enseignement soient en priorité des logiciels libres. Malheureusement, l'amendement a été déclaré irrecevable au titre de l'article 45, alinea 1 de la Constitution. Car, selon la commission de la culture, de l'éducation et de la communication, la proposition n'a pas de lien direct ou indirect avec le texte du projet de loi. Une centaine d'amendements a subi le même sort.

L'amendement n'a donc pas été examiné. Il y a cependant eu un débat vendredi 17 mai au sujet du logiciel libre lors de la discussion sur l'article 12 bis, voir la vidéo (à partir de 16:47:30). Vous pouvez aussi lire la transcription des débats.

L'April remercie toutes les personnes qui se sont mobilisées en faveur de cet amendement. L'association remercie également les sénateurs et sénatrices qui sont intervenues lors de la séance publique pour exprimer un avis favorable à une priorité au logiciel libre.

Projet de loi école de la confiance - Discussion au Sénat sur la priorité aux logiciels libres - 17 mai 2019


Françoise Laborde, sénatrice

Titre : Projet de loi école de la confiance - Discussion au Sénat sur la priorité aux logiciels libres
Intervenants : Président de séance - Françoise Laborde - Pierre Ouzoulias - Catherine Morin-Desailly
Lieu : Sénat
Date : 17 mai 2019 après-midi
Durée : 5 min
Visualiser l'extrait de la vidéo à partir de 16:47:30
Licence de la transcription : Verbatim
Illustration : capture d'écran de la vidéo - Madame Françoise Laborde
NB : transcription réalisée par nos soins, fidèle aux propos des intervenant·e·s mais rendant le discours fluide.
Les positions exprimées sont celles des personnes qui interviennent et ne rejoignent pas nécessairement celles de l'April, qui ne sera en aucun cas tenue responsable de leurs propos.

Transcription

Président de séance. Philippe Dallier : Madame Laborde.

Sénatrice Françoise Laborde : Merci Monsieur le président. J’apporte mon soutien à cet amendement 217 de Catherine Morin-Desailly qui répond à une préconisation de la commission culture éducation sur la maquette de formation des INSPE [Instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation] qui m’apparaît structurante pur l’usage des outils et ressources numériques en classe.
À ce propos j’estime que la priorité devrait être donnée à l’utilisation de logiciels libres dans le service public de l’enseignement, ce qui n’est pas souvent le cas.

Si la loi pour la refondation de l’école de la République avait modifié l’article L131-2 du Code de l’éducation afin de prévoir que dans le cadre de ce service public la détermination du choix des ressources utilisées tient compte de l’offre de logiciels libres et de documents aux formats ouverts si elle existe, ce simple encouragement n’a pas eu réellement d’effets en pratique.

J’avais proposé un amendement1 visant à s’inscrire dans la loi que la priorité sera donnée à l’utilisation de logiciels libres dans le service public de l’enseignement, qui a été déclaré irrecevable au titre de l’article 45 de la Constitution, ce qui m’apparaît étonnant. Il me semble qu’il existe un lien, peut-être indirect mais cela est permis par l’article en question, entre l’utilisation des logiciels libres dans l’Éducation nationale et la formation des futurs enseignants aux ressources numériques qui pourrait comprendre la sensibilisation à ce type de logiciels par exemple.
Mais si je reviens à mes moutons, je soutiens l’amendement 217.

Président de séance, Philippe Dallier : Monsieur Ouzoulias, vous avez la parole.

Sénateur Pierre Ouzoulias : Merci Monsieur le président. Monsieur le ministre nous soutiendrons vraiment avec force et conviction l’amendement de notre présidente de commission parce qu’il est fondé sur un travail qui s'est poursuivi longtemps par notre commission sous sa conduite et nous pensons aujourd’hui que c’est absolument fondamental.
Deuxième point. Je pense que j’ai été contacté par les mêmes personnes que celles que ma collègue Françoise Laborde. Il ne s’agit pas de conflit d’intérêt puisqu’il s’agit de promouvoir le logiciel libre, donc j’en parle avec grande transparence et sans aucune retenue. Je ne comprends pas non plus pourquoi, sur un amendement comme ça, nous n’ayons pas pu en débattre de façon plus libre, c’est le cas de le dire, dans notre hémicycle. Monsieur le ministre vous savez qu’il y a eu quelques polémiques au sein d’autres institutions avec l’utilisation de logiciels qui étaient moins libres et moins gratuits. Je pense sincèrement que la promotion des outils qui sont à la fois libres mais surtout gratuits et dont on connaît le code source, dont on peut le vérifier, c’est vraiment aujourd’hui un instrument fondamental pour la démocratisation et qui, surtout, pourrait éviter les vrais conflits d’intérêt. Merci.

Président de séance, Philippe Dallier : La présidente Morin-Desailly a souhaité reprendre la parole.

Sénateur Catherine Morin-Desailly : Très rapidement Monsieur le président. Pour répondre à madame Ghali, j’ai bien dit qu’il s’agissait d’un bilan en demi-teinte. Monsieur le ministre, je m’engage à emmener notre commission sur le terrain. Allons dans l’académie de Caen. On a un directeur du numérique éducatif qui est formidable, Pascal Cotentin, et je puis vous dire que dans nombre d’écoles les enfants en maternelle – j’ai vu ça, j’étais même bluffée – apprennent à coder. La problématique c’est cette généralisation. Pour cette généralisation, il faut que les enseignants soient formés. C’est tout simplement aller vraiment à la base des choses, voilà l’objet de l’amendement. Donc votre préoccupation est prise en compte.
Quant au choix des logiciels libres, je rejoins mes collègues, c’est pour ça que j’ai dit au ministre que ça ne résout pas l’ensemble de la problématique et l'article 16 ter de la loi République numérique est une avancée vers l’obligation de choix d’outils technologiques qui garantissent la souveraineté de l’État quel que soit le ministère, mais il ne va sans doute pas assez loin. Et encore une fois, tout est corrélé à la formation. C’est pour ça que la formation de nos administrations est essentielle et que dans le texte sur la fonction publique on aura à travailler à cette obligation de formation, à ces sujets. Aujourd’hui il est vrai, il y a encore une incertitude parfois dans le choix de certaines solutions technologiques. C’était l’objet de ma question d’actualité2, vous vous souvenez Monsieur le ministre, ici.
On voit aussi dans d’autres ministères parfois des marchés publics qui confient la formation par exemple des ingénieurs réseau à des filiales d’entreprises américaines dont on connaît parfois les connexions avec la NSA, je pense à Cisco, la formation des ingénieurs réseau dans les ministères où on traite des données sensibles. Tout ça doit faire l’objet vraiment d’une attention particulière du gouvernement dans le cadre d’une action transversale, coordonnée, stratégique, qui mériterait, on l’avait dit dans la loi République numérique, un haut-commissariat au numérique qui assure la transversalité de l’action stratégique de l’État dans cette matière pour la souveraineté, c’est vrai.
On avancera, je pense, dans le cadre des futures lois sur le sujet, mais il faut vraiment le faire.